il faut distinguer deux métiers que l’on confond souvent. la distribution met un enregistrement sur les plateformes. l’édition s’occupe de l’œuvre elle-même : elle la déclare auprès des sociétés de gestion dans chaque territoire, la propose pour le cinéma, la publicité, les séries et les jeux, négocie les reprises et les adaptations, et va chercher les revenus là où ils sont générés. une société de perception encaisse ce qu’on lui adresse ; un éditeur, lui, va placer l’œuvre.
nous n’avons trouvé à maurice aucune structure exerçant cette fonction, et nous écrivons cette phrase avec la prudence qu’impose toute affirmation d’absence : si une telle structure existe, nous serions les premiers à souhaiter en être informés. en l’état, les créateurs que nous connaissons n’ont, pour être édités, d’autre voie que de confier leur catalogue à une maison étrangère, le plus souvent française, qui devient l’intermédiaire durable et en conserve une part. ce n’est reprochable à personne · c’est la porte qui est ouverte.
l’enjeu est aussi patrimonial. le séga, le seggae et le répertoire traditionnel ne nous paraissent faire l’objet d’aucune représentation éditoriale organisée. personne n’est donc chargé de les proposer, de les documenter, ni d’en défendre l’usage lorsqu’ils sont repris ailleurs. un répertoire que nul ne représente n’est pas protégé : il est simplement disponible.
ce que nous soumettons tient en une ligne, et ne coûte rien : que la fonction d’édition soit reconnue comme une activité distincte de la gestion collective et de la distribution, qu’il en soit tenu compte dans le cadre juridique applicable, et qu’il n’y soit pas fait obstacle. la structure elle-même relève de l’initiative privée et ne demande aucun financement public.